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Archive for mai 2013

Negligence3Les situations alarmantes sur les conditions de vie des aînés dans les centres d’hébergement ne tarissent pas de faire la nouvelle. Chaque mois rapporte son lot de situations alarmantes qui surprennent et dérangent. En effet, comment comprendre que l’on puisse ébouillanter une personne âgée alors que des préposées doivent l’aider à prendre son bain, qu’une personne soit retrouvée morte dans son lit en raison de contentions appliquées trop étroitement, qu’une personne à un stade avancé de démence fasse une chute en bas de son lit d’une hauteur d’un mètre, ou encore qu’on  découvre des ecchymoses et une fracture chez une personne âgée trois jours après un accident?

Des tels événements sont inacceptables. En effet, les personnes âgées hébergées doivent bénéficier d’un minimum de sécurité. Cette sécurité passe d’abord par la formation du personnel, par la vigilance des superviseurs de ce personnel, par la mise en place de mesures de sécurité et par la rigueur du respect de celles-ci. Cet enjeu est bien connu et constitue une préoccupation pour les directions des centres. Il l’est tout autant pour les proches de la personne âgée hébergée.

Au fil des années, ceux-ci nous témoignent à quel point les centres d’hébergement n’arrivent pas à répondre au besoin de sécurité de la personne qu’ils aiment. Suite à un accident dramatique de celle-ci, les établissements peuvent suggérer qu’une part de responsabilité revient au résident ou encore au personnel insuffisant pour répondre aux besoins de services. La famille qui s’implique est justifiée de porter plainte, comme le prévoit la loi. Cette démarche peut permettre de sensibiliser les directions et d’améliorer les pratiques institutionnelles. La préoccupation que manifestent les représentants légaux de la personne âgée hébergée doit aussi être prise au sérieux et générer la réflexion et l’adoption de mesures de formation et de perfectionnement du personnel afin d’éviter les reproches qui pourraient être aussi graves que la négligence criminelle ou la non-assistance à une personne en danger.

Les instances judiciaires nous permettent à l’occasion de remettre les pendules à l’heure. Par l’application de la Charte des droits et libertés et du Code civil, nous mettons à l’avant-scène le respect de la dignité de la personne. En effet, la Charte à son article 48 promulgue des droits et impose aux centres d’hébergement des devoirs : Toute  personne âgée […] a droit à la protection et à la sécurité que doivent lui apporter sa famille ou les personnes qui en tiennent lieu. Les centres d’hébergement doivent adopter les mesures de protection nécessaires pour contrer les risques et les abus à l’égard des aînés dans leurs milieux de vie.

En signant un contrat d’hébergement, les proches d’une personne âgée en perte d’autonomie ont des attentes raisonnables et légitimes que cette dernière sera en sécurité. Le désarroi des proches est donc énorme lorsqu’ils apprennent une nouvelle déconcertante à l’égard de leur proche qu’ils croyaient entre bonnes mains. Leur indignation rejoint l’indignation qui devrait tous nous habiter face aux situations inquiétantes. La solution passe-t-elle par l’accroissement du maintien et des services à domicile? D’autres enjeux feront surface. Nous y reviendrons. Pour l’immédiat, l’argument voulant que la sécurité de la personne âgée soit mieux assurée en centre d’hébergement qu’à domicile, avec des services appropriés, prête flanc à la critique. Nous devons revoir ce motif qui est invoqué pour héberger une personne âgée. Mais plus encore, il faut reconnaître que la solution passe par l’amélioration essentielle d’un minimum de services de qualité en hébergement sans quoi les craintes d’abus et de négligence pourraient s’avérer bien fondées.

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