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Archive for juillet 2014

Fin de vie 2014

En octobre 2009, le Collège des médecins émettait un document de réflexion portant sur les soins appropriés et l’euthanasie. L’ordre professionnel suscitait alors une question qui tirait sa source d’un malaise exprimé par des médecins qui désiraient légaliser un acte qu’il trouvait approprié ou pour lequel ils disaient être sollicités : administrer un médicament qui entraine la mort. Ce document fut à l’origine des réflexions portant sur la mort dans la dignité au Québec, lesquelles ont mené à l’adoption d’une loi qui entérine l’administration d’une médication létale.

Adoptée à majorité au début du mois de juin 2014, la loi sur les soins de fin de vie suscite de l’inquiétude chez une partie de la population. Un recours a été déposé devant les tribunaux contestant la constitutionnalité de la loi. L’avenir dira quels arguments prévaudront pour le tribunal saisi du litige portant sur la légalisation de l’euthanasie au Québec. C’est à suivre avant l’entrée en vigueur de la loi prévue pour décembre 2015.

À la fin du mois de juin 2014, un tribunal français acquittait un médecin urgentiste accusé d’avoir empoisonné 7 personnes âgées qui étaient en phase terminale. Il agissait seul, sans discussion avec la famille et sans inscription de la dose létale au dossier du patient. Au soutien de sa défense, il a invoqué la sincérité et la compassion. Cette conclusion contraste avec la condamnation et l’emprisonnement du docteur Jack Kervokian, décédé en juin 2011, qui avait été reconnu coupable criminellement pour assistance au suicide à des patients en phase terminale.

La loi québécoise sur les soins de fin de vie apporte une issue à des situations intenables pour les médecins : l’impuissance devant la douleur extrême du patient et l’impossibilité d’une guérison. Elle encadre l’option pour le médecin d’administrer une dose létale à son patient à des conditions précises. Il s’agit bien entendu d’une exception au principe à l’effet que le médecin ne peut pas administrer une médication qui entraîne la mort de son patient.

La loi adoptée en juin 2014 devrait viser les personnes pour lesquelles les soins palliatifs ne répondent pas de manière satisfaisante. Les conditions pour obtenir l’aide médicale à mourir sont strictes. La personne doit être majeure, apte à consentir aux soins, assurée auprès de la RAMQ, atteinte d’une maladie grave et incurable, démontrer un déclin avancé et irréversible de ses capacités, et éprouver des souffrances constantes, insupportables et intolérables. Elle doit de plus être en mesure de formuler elle-même sa demande, de manière libre et éclairée. On peut déjà identifier plusieurs situations : diabète avancé, cancer en phase terminale, maladie de Parkinson qui progresse, dépression sévère, etc. 

Les conditions d’acceptation de la demande par le médecin sont également circonscrites. Il doit s’assurer que les conditions d’obtention sont remplies, que la demande est libre et éclairée, que la demande est persistante, que la personne a eu l’occasion de s’entretenir avec ses proches et qu’un deuxième médecin ait confirmé le respect des conditions d’obtention. Cette démarche existe déjà dans la pratique à plusieurs égards et notamment lorsqu’il est question de refus de traitement. On peut déjà prévoir que les demandes d’aide médicale à mourir recevront un traitement diligent…

Alors qu’au milieu du 20e siècle, la médecine a développé des moyens pour maintenir la vie : perfusions, transfusions, respirateurs, assistance mécanique de toute sorte, elle a dû composer par la suite avec le droit de toute personne apte à consentir de disposer de son corps. La cessation de traitement a alors été reconnue comme un droit inaliénable. Avec l’avènement de la loi sur les soins de fin de vie, l’aide médicale à mourir devient une alternative permettant de choisir le moment de la mort accessible dans des conditions précises. Ce n’est plus le corps qui est sacré – ou inviolable -, ce sont les volontés de la personne qui priment et que la profession médicale sera invitée à respecter dans les paramètres fixés par la loi.

À n’en pas douter, nous verrons un changement de mentalité dans les milieux de soins qui se disent déjà surchargés par une clientèle de plus en plus vieillissante et malade. Les arguments du coût et de la disponibilité des soins et services qui sont parfois invoqués prendront inévitablement un espace croissant dans les décisions de soins, quoiqu’on en dise actuellement.

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Sur Radio Centre-Ville avec l’AQDR : http://radiocentreville.com/wp/ 

–  Le 22 juillet 2014 à 12h30 portant sur les directives médicales de fin de vie en la présence de Monsieur François Marquis.

–  Le 8 juillet 2014 à 11h30 portant sur la nouvelle loi sur l’aide médicale à mourir et les soins de fin de vie.

– Le 4 mars 2014 à 11h30 portant sur la maltraitance et la prévention des abus envers les aînés.

Sur Radio CJAD 800 : http://www.cjad.com/index.aspx

– Le 17 avril 2014 à 12h portant sur la demande d’autorisation d’exercer un recours collectif pour 2500 locataires de 55 ans et plus.

 

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